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Valeurs
"Les artistes sont de véritables propulseurs
d'idéaux; agitateurs de la pensée libre, nous devons les préserver
de la censure dont ils font souvent l'objet, mais aussi, de l'autocensure,
terreaux de la pensée unique, en leur offrant des espaces où ils
puissent s'exprimer en toute liberté et tranquillité. L'opinion
est libre, elle ne peut, n'y ne doit être violentée, nous dit Caldéron
de la Barca…"
Principes fondateurs de l'Ajour
Théâtre
Vigilant, en embuscade sur un terrain en perpétuel
mouvement, foisonnant d'idéaux, de paroles, d'émotions, remuant
consciences et corps; zone de turbulence, s'y retrouver livrer une
parole libre, se rejoindre en ce lieu de délivrance, participer
au mouvement de résistance, écouter, entendre, échanger, partager,
rompre avec la pensée unique… ici, on ne consomme pas, on fabrique.
Se rencontrer, prendre position, décider, vraiment décider. Affirmons
nos convictions : défendre la diversité, résister à la tentation
du divertissement, lutter contre toute forme d'hégémonie. Nous devons
agir : proposer, défendre, échanger des espaces libres d'expressions,
faire entendre les voix censurées, les appels étouffés, les paroles
sans voix de ceux et de celles que l'on veut faire taire. ª Nous
devons exister et faire exister.
La tendance est au divertissement et, c'est sous l'impulsion de
nos institutions culturelles, que cette dérive économique se confirme.
Il s'agit donc de ne pas suivre passivement le diktat imposé par
les médias du divertissement. Il s'agit de se battre contre cette
obsession récréative qui tend à uniformiser le monde en un vaste
parcs d'attraction, où, il est mis en circuit des produits culturels
à consommer sur le champs par le plus grand nombre d'individus autour
d'un gobelet de pop-corn. Course frénétique du "bon produit" garant
d'un remplissage de salle optimal, cette tentation hypnotique à
croire qu'un projet artistique ne peut être soutenu que si on s'est
assuré qu'il deviendra un bon produit marchant… terreur de l'audimat.
Force est de constater que le choix de programmation d'une large
partie de nos salles publiques est de plus en plus motivé par des
préoccupations de rentabilité. On demande [aux directeurs nommés
de les administrer en bons gestionnaires aux services d'un taux
de rentabilité qui se doit d'être en constante augmentation. On
demande donc à des s "banquiers", avec leurs inextricables calculs
mercantiles, de se focaliser essentiellement sur les valeurs rentables
du marché dites "sûres".
Nous nous devons de réagir et de rappeler que nous ne sommes pas
des marchandises et de souligner ici le rôle prépondérant que le
service public se doit d'exercer, et qui plus est, au vue de la
situation désastreuse dans laquelle se trouve un très grand nombre
d'artistes qui refuse l'uniformisation caractérisée de leurs œuvres
en produits culturels distrayants.
Une démocratie, digne de ce nom, est tenue d'ouvrir, de multiplier,
de soutenir et de préserver des poches d'oppositions et de résistances.
Il y va de sa santé, mais aussi de la ï crédibilité de son institution.
Toute Démocratie se doit de se stimuler au risque de s'engourdir
et laisser la porte grande ouverte aux courants extrémistes. C'est
par l'unicité de la pensée et de la parole, que l'autocratie s'installe,
c'est par la censure mais aussi l'autocensure qu'un régime du type
totalitaire règne et se renforce. C'est pourquoi, nos institutions
culturelles doivent participer activement à la bonne marche de notre
démocratie, elles sont les garantes de la liberté d'expression et
elles doivent considérer tout artiste comme un partenaire à part
entière et l'artiste doit pouvoir compter sur les institutions.
Le soutien doit être sans faille.
Nous refusons, qu'à travers les différentes aides que nos institutions
culturelles proposent, le service public devienne la pompe à finances
d'une poignée "d'artistes officiels", comme nous le remarquons malheureusement
beaucoup trop souvent.
DÉMARCHE
Notre démarche a comme but de multiplier
et consolider nos échanges avec la méditerranée,
en y développant des liens solides, à travers, entre
autres, notre partenariat avec l’Espagne.
Regards partagés, croisés, regards réunis,
champs du sensible, de la création, de l’imprévu,
champs de l’inter-culturalité… Notre démarche
s’inscrit dans ce sens. Elle se veut plurilatérale
pour que chacun puisse y trouver sa place avec sa culture, sa langue,
son identité, ses désirs.
La rencontre, la recherche et la réflexion,
l'échange d'idées et d'expériences, la mise
en commun de nos énergies créatrices, l'entrée
en dialogue de "nos mondes"; faire en sorte que la synergie
qui s'y développe donne l'envie que la rencontre se prolonge
est à nos yeux la clé d’une dynamique artistique
fertile et riche pour la création contemporaine.
Il nous faut donc inventer de nouveaux espaces
de dialogues sensibles, pour y croiser nos regards, pour y croiser
nos paroles, pour y croiser nos faits et gestes, pour un dialogue
où il est question d'œuvrer avec l'intention de soulever,
de révéler les expériences sensibles de chacun
et de les soumettre, les confronter à l'usage, aux regards
et à la réflexion.
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