 |
13
passes 
Présentation | Distribution
| Presse
« Voyez-vous, nous autres, pauvres
gens, on n'a pas de vertu, on cède à la nature ! Mais
si j'étais un monsieur, si j'avais un chapeau, une montre
et un lorgnon, et si je savais bien parler, je ne demanderais pas
mieux que d'être vertueux. Ça doit être une bien
belle chose, la vertu, mon capitaine, mais moi je ne suis qu'un
pauvre diable !… »
Woyzeck
La réalité est douteuse, la condition
humaine ne l'est pas…
Woyzeck l'inachevé, tragédie d'un fait divers, l'abandon
de l'homme par l'homme : humiliation, exploitation, cruauté,
pauvreté, acharnement, anéantissement en vagues successives
d'écumes asphyxiantes. Lutte des classes ? Certainement,
Büchner avant l'heure nous en parle en nous offrant un monde
halluciné au travers duquel, le regard aliéné
de Woyzeck, interroge la vie, la mort, la sexualité…
objets de tout les scandales.
Nous avons entamé ce travail sans aucun
préjugé, nous nous sommes tenus à réactiver
notre incertitude. Le doute dans l'âme nous nous sommes lancés
aveugles dans le passage étroit de l'innocence. Nous nous
sommes dit : les idées doivent naître à partir
de nos sensations, (et cela est devenu, au fur et à mesure
du travail) l'idée que tout ceci soit comme une certaine
sensation prise dans la tourmente qui déforme sans cesse
une réalité douteuse dont la seule contenance est
celle de ses métamorphoses trompeuses… Le bien, le
mal, la morale, la nature, L'homme, l'animal, le dedans, le dehors,
tout converge vers une seule et même question : où
est la vérité ? Dans le corps vivant du marcheur,
semble nous dire Büchner. Et bien, nous nous sommes efforcés
de piétiner et c'est notre saccage en l'état que nous
vous prés /enterons : 13 passes sur Woyzeck l'inachevé…
drame que nous portons en nous, l'abandon de l'homme par l'homme…
humiliation, exploitation, cruauté, pauvreté, acharnement,
anéantissement en vagues successives d'écumes asphyxiantes…
S'agit-il de lutte des classes ? Certainement, Büchner avant
l'heure nous en parle en nous offrant un monde halluciné
au travers duquel, le regard aliéné de Woyzeck, interroge
la vie, la mort, la sexualité, objets de tout les scandales.
La réalité reste douteuse, la condition humaine ne
l'a jamais été…
Combien de temps encore, pauvre équilibriste de la chaise
bancale, devras-tu encenser nos pères de prières pour
qu'ils te tiennent à la verticale ?…

STRUCTURE DRAMATURGIQUE
1 Effet d’annonce
2 De nuit; foisonnements
3 Le matin au rasage
4 L’aberratio mentalis du p’tit pois
5 L’arrivée du gros de la troupe
6 Entrée du tambour-major
7 Corps de garde en perte
8 Les boucles d’oreilles de Marie
9 Le poil de barbe
10 Un péché si épais
11 Le crime 1ére proposition
12 Le crime 2éme proposition
13 Le conte qui circule
A PROPOS DU TRAVAIL SUR WOYZECK
Extraits de notes d'Alexandre Fernandez à l'attention des
comédiens
Pensez-y…
Au théâtre, sur le plateau, ce que
l'on voit n'est pas la vie mais quelque chose qu'elle cherche à
nous dire et que le théâtre doit porter… Eh bien
freinez la réalité … La tordre, la taire, l'éloigner.
Ecoutez. Le texte ne sera jamais achevé, la représentation
non plus et passera Woyzeck en nous, ce courant d'air sombre dans
l'ombre, si azur à mes yeux, le dernier des hommes qui passe
si prés du monde, l'homme qui a tort contre le monde qui
a raison. Je cite " est-ce le oui qui est coupable à
l'égard du non, ou le non à l'égard du oui
? Je ne sais pas, je vais réfléchir."
Réfléchissons…
Les idées sont là au même
titre que les choses. Il faut continuer à fouiller encore
et encore comme on fouille une poubelle pour y trouver le fond d'un
théâtre non résolu. Et surtout, ne parlons pas
de répétition, le terme est impropre, il est question
de tout sauf de "répéter". Ne rien fixer,
taire et tout dire, garder les prégnances des gestes et mots
écorchés dans les corps; de la matière en bouche,
des racines en mains, écoutez un silence, embrassez le geste
puis mordre le voisinage, aucune résistance, aucune crispation
n'adhére à long terme sur autrui, elle reste dans
celui qui s'en alimente. À lui d'en déféquer
la tumeur narcissique… Woyzeck n'a jamais résisté,
il se tient debout voilà tout, dans une insomnie verticale.
Il donne, il offre, il s'ouvre, il s'envole. Que lui reste-t'il
? Le doute en pleurs… La réalité a foutue le
camps, BON DIEU
|
 |
 |
 |