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Passages
koltès
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« …Au début l'annonce,
toujours le même noeud, puis, on voit comment ça fonctionne…
Déplacement dans la nuit en monologues entendus, à
l'infini, pour frapper celui qui passera du côté du
langage, qui traversera la lumière étroite de la parole.
Pourquoi ? Pour qui ? Jusqu'où ?
La dérive de l'homme face à l'homme. Il se défend
comme il peut.
À chacun sa trajectoire !
Tout semble si paisible. Exister, prendre la parole et tenir sa
place. Koltès remonte le courant de nos désirs. Passages
Koltès en fût les turbulences. Nous avons tenté
de les apprivoiser dans ce lieu désaffecté, cette
ancienne usine; "la fabrique" nous disons. Il y eut¸des
rencontres, progressivement, le temps d'une halte. Dans chacune
d'elles, on y a découvert des personnages à l'allure
inconvenante, ils se sont approchés de nous, certains à
petits pas, d'autres à grands pas, tous hésitants
: "les paumes tournées vers vous, avec l'humilité
de celui qui propose face à celui qui achète, avec
l'humilité de celui qui possède face à celui
qui désire".
Chacune d'elles étant comme l'une des pièces d'un
immense puzzle, celui de l'oeuvre de Bernard-Marie Koltès
qui nous échappe et qu'il nous faut continuer à construire.
Peut-être qu'il est impensable d'y arriver ?
Peut être même que la dernière pièce de
l'intime chez Koltès nous échappera toujours ?
Mais peu importe, la tentation fût trop grande, nous nous
sommes laissés prendre au jeu.
C’est par la confrontation jouissive et contradictoire, à
laquelle mène le trafic, que Koltès a polarisé
toute notre attention.
Ça trafique dans la langue et dans les corps…
    
pour zoomer, cliquez sur les images
Le travail que nous avons présenté
est parti du point de ue suivant : Le corps participe au mouvement
de la langue, et inversement, la langue participe au mouvement du
corps. Le délire de la langue, le délire des corps…
Ce corps d’écriture de la langue devient alors théâtre.
Sur le mur de l'usine désaffectée , en grosses lettres,
nous avons inscrit le texte suivant : "Les ouvriers partis;
l'empreinte de leurs derniers gestes oubliés sur la dalle,
l'énergie de leur sueur sur le site, la régnance d'un
silence de poussière sur le désert résonnant
de leur absence… Aujourd'hui, des acteurs d'une autre espèce
arpentent l'enceinte. Ouvriers de la refonte de temps anciens en
temps présents, ouvriers de l'impossible, silhouettes de
passage, êtres en sursis, fantômes des parages, comme
vous le voudrez, ils le sont… en transit installés…
»
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